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Enseigner le Français Langue Étrangère (FLE) ne se résume pas à “donner des cours de français” de manière uniforme. Il convient de s’adapter à des niveaux, des besoins, des rythmes et des objectifs très différents. Derrière les appellations A1, A2, B1, B2 ou C1 se cachent des réalités pédagogiques précises — et des choix d’enseignement fondamentaux. Comprendre ces niveaux permet non seulement de structurer les apprentissages, mais aussi d’offrir aux apprenants une progression cohérente et motivante.

Les niveaux du FLE : un cadre commun, des pratiques vivantes

Les niveaux de FLE sont définis par le Cadre européen commun de référence pour les langues (CECRL). Ils servent de repères, mais, et c’est là l’astuce, ne doivent jamais devenir des carcans.

Chaque niveau correspond à :

  • des compétences linguistiques,
  • des situations de communication,
  • des savoirs culturels,
  • et une posture différente face à la langue.

Niveau A1 : découvrir et survivre en français

Le niveau A1 est celui de la découverte. L’apprenant apprend à :

  • se présenter,
  • comprendre des phrases simples,
  • interagir dans des situations très concrètes du quotidien.

Quant à l’enseignant, il va devoir rassurer, dédramatiser l’erreur, ancrer la langue dans des situations vécues. Dans mes cours, j’utilise beaucoup l’observation, l’image, le contexte réel. La langue n’est jamais abstraite : elle est liée à un lieu, une action, un échange.

Niveau A2 : commencer à s’exprimer

À ce stade, l’apprenant gagne en autonomie. Il peut parler de lui, de ses habitudes, comprendre des échanges simples.

C’est le moment pour l’enseignant d’enrichir le vocabulaire, d’apprendre à structurer les phrases, d’encourager l’expression orale.

Je privilégie alors des situations concrètes : décrire un lieu, raconter une expérience, réagir à une image ou à une scène observée. La langue devient un outil d’expression personnelle.

Niveau B1 : raconter, expliquer, argumenter

Le niveau B1 marque un tournant. L’apprenant peut raconter un événement, exprimer un avis, comprendre l’essentiel de conversations authentiques.

A ce stade le professeur travaille la fluidité, la structuration de la pensée, l’usage des nuances.

C’est à ce niveau que j’intègre davantage le récit, le carnet, la narration. L’apprenant apprend à dire le monde avec ses propres mots.

Niveau B2 : affiner, nuancer, débattre

Le B2 correspond à une véritable autonomie linguistique. L’apprenant peut désormais argumenter, débattre, comprendre des contenus complexes.

L’enseignant va alors affiner le registre, travailler la précision, développer l’esprit critique.

Les supports deviennent plus ouverts : textes, images, discussions, situations culturelles réelles. La langue sert à penser, pas seulement à communiquer.

Niveau C1 : maîtriser et s’approprier la langue

À ce niveau avancé, l’enjeu n’est plus seulement linguistique. Il est culturel, stylistique, identitaire.

L’enseignant va insister sur les subtilités, aider à comprendre les implicites, comprendre les implicites, affiner l’expression personnelle.

Les cours deviennent des espaces d’échange, d’analyse, de création. La langue française n’est plus un objectif, mais un terrain d’exploration.

Niveau C2 : maîtriser avec finesse et précision

À ce niveau, l’apprenant comprend sans effort pratiquement tout ce qu’il lit ou entend. Il peut s’exprimer spontanément, avec une grande aisance et une maîtrise fine des nuances, y compris dans des situations complexes ou abstraites.
L’enseignant accompagne alors un travail de très haute précision : justesse du vocabulaire, richesse stylistique, maîtrise totale des implicites culturels et des registres de langue.
Les situations proposées relèvent de l’analyse, du débat approfondi, de l’argumentation complexe ou de la création. La langue devient un outil pleinement maîtrisé, au service de la pensée, de la sensibilité et de l’identité de l’apprenant.

Adapter son enseignement : une pédagogie sur mesure

Quel que soit le niveau, j’adapte toujours mes cours en fonction :

  • du profil des apprenants,
  • de leurs objectifs (voyage, travail, culture),
  • de leur rapport à la langue.

Photographie, observation, immersion, récit : mes cours s’appuient sur le réel, sur l’expérience, sur le regard. Parce qu’on apprend mieux une langue quand elle est incarnée.

Enseigner le FLE, ce n’est pas transmettre un programme figé. C’est accompagner un chemin.

Vous désirez en savoir plus et travailler avec moi ?

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